Histoire

Au fil des siècles

Ploumillau, Plouzélambre, Ploubezre ou Plouaret, nombre de commmunes du Trégor commencent par le préfixe "Plou" qui signifie paroisse en breton. Plouaret était la paroisse de Saint Barvet. A ne pas confondre avec sainte Barbe, la sainte qui supplantera Saint Barvet quelques temps plus tard.Le nom initial etait Ploebarvet (ou Pleb Barvet) que l'on retrouve pour la 1er fois en 1270 dans un acte de donation du clergé. Plouaret s'écrira aussi Plebs Barbate , Parrochia Plebis Barbate, Plebs Barbata , Ploearmet, Ploearvet , Ploearet pour enfin devenir Plouaret à la fin du XVIe siècle. Si à l'origine c'est Saint Barvet ou Barvoet qui était honoré dans la paroisse, c'est désormais Sainte Barbe qui est à l'honneur. Il semble que la substitution ses produite dès le XVIème siècle.
Dans sa forme géographique, la paroisse de Plouaret a un temps englobé celles du Vieux-Marché, Plounévez-Moédec et Lanvellec. Ces communes se sont détachées de leur entité d'origine durant le XIXéme siècle. Ainsi, c'est par une loi de 1866 que le Vieux-Marché a pris son indépendance.
Mais avant cela, la paroisse dépendait de l'évêché de Tréguier. Sur place, c'est à l'ordre Hospitaliers des Chevaliers de Saint Jean que l'on doit la fondation de l'église paroissiale. Ces moines soldats possédaient un monastère ou commanderie dans le secteur de Prat Ledan. Dominée durant des siècle par le clergé et la petite noblesse locale, il faudra attendre la Révolution et 1790 pour voir Plouaret élire sa première municipalité en 1790. Mais cela ne se passe pas sans heurts. Ici ce n'est pas la Vendée des chouans mais les historiens signalent une insurrection contre-révolutionnaire. Partie d'une conscription obligatoire, l'insurrection s'étendra aux communes voisines et se terminera par la condamnation à mort de 6 hommes le 12 mai 1794.

Le blason de Plouaret que voici se décrit de la façon suivant : bandé d’or et de sable de six pièces, à un franc quartier vairé d’argent et de gueules.
L' ancienne noblesse de Plouaret comportait plusieurs seigneuries. Les Keranrais se situaient sur Plounévez-Moëdec. Celle de Guernachannay nous a laissé son célèbre manoir. On peut y rajouter les seigneuries de Keramborgne, Kerdoualen, Pont Blanc et Kermelec. En 1481 à Tréguier, une Montre qui en fait était une réunion de tous les hommes d'armes recensait 14 nobles venus de Plouaret.


Jean-Marie Le Thomas, Chevalier de la Légion d'Honneur. Né en 1783, ce jeune homme avait vraissemblablement tiré le mauvais sort ou accepté d'être suppléant d'un plus riche que lui pour se retrouver dans les armées napoléoniennes au début des années 1800. Sûrement très courageux, c'est comme lieutenant qu'il fut le 1er plouarétais à recevoir la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur des mains du maréchal Ney en décembre 1812 après le passage de la Bérésina. Démobilisé par le régime de la Restauration, il revint à Plouaret où il pu devenir instituteur public. C'est durant cette période qu'il enseigna au jeune François Marie Luzel au autre illustre plouarétais. Par la suite, l'ancien soldat eut le droit de tenir un bureau de tabac dans une chaumière faisant face à la chapelle Sainte Barbe au croisement des routes de Lanvellec et Keraudy. Jean-Marie Le Thomas, le héros des campagnes napoléoniennes fut une nouvelle fois honoré en avril 1858. Sous le règne de Napoléon III lui fut remis en grandes pompes la médaille de Sainte Hélène devant toute la population. Mort le 21 février 1865 à l'âge de 82, le vieux soldat repose au cimetière communal dans une tombe situé à droite du calvaire. Cette sépulture a été rénovée en 2003 par la municipalité à l'occasion des célébrations du 200e anniversaire de la Légion d'Honneur. Mais celui qui y repose mériterait également qu'une rue de la commune porte son nom.
   

François Marie Luzel fut l'illustre élève de Jean-Marie Le Thomas. Il est né le 6 juin 1821 dans une petite demeure du manoir de Keramborgne. Elève doué, il décrocha son baccalauréat (ce qui était rare pour l'époque) mais eu bien du mal a trouver sa voie par la suite. Ce qui intéressait Luzel c'était les veillées et la vie locale dans son ensemble. En fait son destin ne fut scellé qu'à 42 ans, en 1863, grâce à une mission confiée sur recommandation par M Duruy ministre de l'instruction publique de l'époque. Contre une rente annuelle de 1200 F, sa tâche consistait à recueillir les trésors littéraires, manuscrits ou imprimés des Côtes d'Armor. Luzel ira bien au-delà. Parcourant par monts et par vaux, s'invitant aux foires, fêtes et veillée locale, poussant la porte des sabotiers comme des mendiantes,
Luzel n'eu de cesse rassembler et de retranscrire les textes qui dormaient au fond des armoires bretonnes. En quelques années, il devint l'historien scrupuleux des chants et de la mémoire orale de Basse Bretagne. Le buste ci-contre de l'écrivain, fut érigé en 1906 sur la place de l'église par un groupe de bretons reconnaissants "Les Bleus de Bretagne".
   

Rendons à César... Si Anjela Duval repose à Plouaret, c'est néanmoins à Traon An Dour en Vieux-Marché que la poétesse bretonne a vécu toute sa vie. Mais l'histoire de nos deux communes étant si imbriquée, qu'il serait anormal de passer sous silence cette figure locale.
Fille unique, Marie-Angèle Duval est née le 3 avril 1905 au Vieux-Marché dans une modeste famille de paysans. Anjela est en fait la traduction bretonne d'une Angèle qui ayant quitté l'école à 12 ans après son certificat d'étude retourna ensuite à la ferme familiale pour ne plus la quitter. Elle a déjà 66 ans quand apparaît le phénomène "Anjela Duval". Nous somme le 28 décembre 1971 et ce soir là l'ORTF diffuse l'émission d'André Voisin : Les Conteurs". Les téléspectateurs et la presse y découvrent Anjela Duval "écrivain-paysan" de langue bretonne.Loin des cercles parisiens cette vieille Bretonne amoureuse de sa terre, des saisons, des récoltes de la nature et de la vraie vie émeut par sa simplicité et sa lucidité. En une soirée, celle qui sur le tard s'est mise à approfondir sa langue maternelle et surtout à l'écrire devient l'icône d'une culture bretonne en pleine renaissance.
Dès lors, journalistes, télévisions du monde entier et militants bretons se pressent à Traon An Dour comme on se rend à un pèlerinage. Ce succès et cette notoriété ne tourneront jamais la tête de la vieille paysanne qui plutôt que de se déplacer pour recevoir un prix littéraire préférait rester sur place car elle avait son cidre à faire ou les foins à rentrer. Anjela Duval s'est éteinte le samedi 7 novembre 1981 à l'hôpital de Lannion. Restent Kan an Dour (le Chant de la Terre), Levr ar paour (le livre du pauvre) et une multitude de textes et de poèmes qui parlent au cœur.

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